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Historique
L’histoire du complexe Desjardins est intimement liée à celle de la population francophone, mais aussi à celle de la ville de Montréal. En effet, l’édification du complexe Desjardins s’inscrit dans la période où Montréal vivait au rythme des grands chantiers avec la construction du Stade olympique, de l’aéroport de Mirabel, et de nombreux autres édifices du centre-ville de Montréal. Pourtant, le complexe Desjardins se distingue de bien des façons, notamment par l’originalité de son design, par la forme octogonale de ses tours, mais aussi par l’esprit qui l’a initié.
L’origine du projet
C’est durant les années 1960 que l’idée originale d’un édifice multifonctionnel réunissant quelques instances du Mouvement Desjardins, aux prises avec un problème de croissance rapide, fut lancée. Il aura fallu attendre 1972 pour que le projet prenne son élan et que le chantier soit amorcé. Durant ce délai, l’Union régionale des caisses populaires Desjardins de Montréal, la Société de Fiducie du Québec et la Sécurité, compagnies d’assurances générales du Canada, toutes trois des sociétés du Mouvement Desjardins, se sont jointes à La Sauvegarde, compagnie d’assurance sur la vie du groupe Desjardins, instigatrice du projet. Un peu plus tard, le gouvernement du Québec se joindra au groupe en y apportant une importante contribution financière. L’arrivée de ce cinquième joueur devait toutefois donner une nouvelle dimension au projet. Les concepteurs voulaient créer un édifice multifonctionnel qui réunirait tant le secteur public que les entreprises privées.
Le choix de l’emplacement du futur complexe Desjardins était soumis à des critères bien définis : le futur complexe Desjardins devait revitaliser un site stratégique et ainsi être un apport positif en milieu urbain. La firme La Haye-Ouellet, urbanistes-conseils, proposa le quadrilatère formé par les rues Jeanne-Mance, Ste-Catherine, St-Urbain et par le boulevard René-Lévesque (appelé à l’époque le boulevard Dorchester). On voyait dans ce choix l’occasion de contribuer au développement d’un centre-ville élargi et d’assurer une meilleure liaison entre l’Ouest et l’Est du centre-ville, alors que la présence de la Place des Arts venait appuyer la vocation culturelle que l’on souhaitait conférer à l’ensemble immobilier.

Vue du quadrilatère avant le début de la construction.
Le concept
En avril 1970, on dévoile officiellement le concept détaillé du complexe Desjardins à l’Hôtel de Ville de Montréal : l’ensemble immobilier, propriété de la Corporation immobilière Place Desjardins à 51% et de la Société immobilière du Québec à 49%, sera formé d’une infrastructure de plusieurs étages entourée de trois tours à bureaux et d’un hôtel de prestige. Le coeur de l’infrastructure abritera une place publique où se tiendront quotidiennement des activités socioculturelles et éducatives. L’édifice comportera également un stationnement souterrain pouvant accueillir plus de 1000 voitures, des cinémas, un centre commercial d’une centaine de boutiques, des cafés et plusieurs restaurants.
Les promoteurs du projet se sont fixé un objectif ambitieux : intégrer à la trame urbaine de Montréal un complexe qui répondra à la gamme la plus complète des besoins de l’homme et contribuera à son épanouissement. On veut créer une véritable oasis dans la ville !
Le président du Mouvement des caisses populaires Desjardins de l’époque, Monsieur Alfred Rouleau, tient quant à lui à ce que le complexe Desjardins ait une âme, d’où l’existence de la place à vocation multiculturelle, publique et gratuite. Le complexe Desjardins doit être un exemple du savoir-faire de la communauté québécoise et, surtout, le rappel physique de la coopération au Québec.
Fait à souligner : le maire Drapeau tient à ce que l’on puisse apercevoir, lorsqu’on se trouve au centre du complexe Desjardins, la Place des Arts d’un côté et les clochers de la Basilique Notre-Dame de l’autre. Voilà donc l’origine réelle des immenses verrières qui s’ouvrent sur le boulevard René-Lévesque et sur la rue Ste-Catherine. Mais, depuis, le Complexe Guy-Favreau et le Palais des congrès sont venus s’établir, cachant ainsi la Basilique.

Charpente de la première tour.
Un chantier hors du commun
La construction, qui s’est échelonnée sur quatre ans, est menée de main de maître par la société de gérance Janin Construction Ltée. Les concepteurs du projet eurent recours au modèle conception-construction; le gigantesque chantier fut ainsi fragmenté en près de 150 appels d’offres. Plus de 12 000 ouvriers travaillèrent sur le chantier et on ne compte aucun incident fâcheux.
Fait à souligner : toutes les compagnies embauchées sont d’origine québécoise et tous les plans, devis et rapports sont rédigés en français. Ainsi, le complexe Desjardins devint à l’époque la plus audacieuse entreprise du secteur privé francophone.
Le complexe Desjardins fut inauguré le 3 avril 1976, en présence du premier ministre du Québec Robert Bourassa, du maire Jean Drapeau et de quelque
3 000 invités.

Vue des 3 tours érigées simultanément.
De 1976 à aujourd’hui
Malgré le scepticisme que suscitait le complexe Desjardins en 1976, les années qui suivirent prouvèrent que ces appréhensions n’étaient pas fondées. Déjà, à son ouverture, le complexe Desjardins connaît un taux d’occupation de 70 % et, quelques mois plus tard, les espaces sont loués en totalité. Bon an, mal an, et en dépit de la période de récession, il maintiendra un taux de locaux inoccupés de moins de 1%.
Le 27 mars 1992, la Fédération des caisses populaires Desjardins de Montréal et de l’Ouest-du-Québec (et ses caisses affiliées) rachète les actions détenues par le gouvernement du Québec, devenant ainsi propriétaire majoritaire du complexe Desjardins. Les actions de la FMO passent donc de 36,8% à 90,1%. L’Assurance vie Desjardins conserve 9,9% des actions.
Au cours des années 1993 à 1996, Place Desjardins a investi près de 23 M$ dans son secteur commercial. L’Opération revitalisation visait à transformer le visage de la galerie marchande en lui permettant notamment de s’ouvrir vers l’extérieur, de s’adapter aux nouvelles exigences du marché et d’offrir une image plus dynamique.
En 1998, Place Desjardins se défait de l’hôtel Le Méridien en le vendant à la chaîne Wyndham et signe du même coup une entente de copropriété avec cette dernière. La même année, Place Desjardins élaborait un nouveau plan d’investissement de l’ordre de 36 M$. Ce plan, échelonné sur 5 ans, s’inscrit dans un vaste programme de rafraîchissement et d’améliorations au bâtiment, qui affectera notamment la Grande-Place.
Au fil des ans, le complexe Desjardins a considérablement changé, tout en ayant su préserver l’esprit qui animait le concept initial. Le complexe Desjardins peut se vanter aujourd’hui d’être un centre d’attraction très important, où depuis 1976, se tiennent au-delà de 200 activités publiques gratuites par année. Après 30 ans d’existence, le complexe Desjardins incarne encore le dynamisme qui l’a inspiré et continue de jouer un rôle de premier rang dans la vie montréalaise.
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